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LA DYSPLASIE DE LA HANCHE CHEZ LE CHIEN


radiographie hanches chien


DEFINITION
Il s'agit d'une affection congénitale, caractérisée par un défaut de développement de l'articulation coxo-fémorale et donc d'une mauvaise correspondance de la tête fémorale et de l'acétabulum. La dysplasie de la hanche est inscrite sur la liste des vices rédhibitoires de la loi du 22 juin 1989.

SYMPTÔMES
Chez le chiot ou le jeune chien (cinq à dix mois), on constate une diminution de l'activité physique, une douleur, aux hanches au lever ou après une longue marche et une démarche dandinante caractéristique. Chez l'adulte atteint de dysplasie sans présenter de symptômes, la démarche est normale mais le chien se fatigue vite et présente une douleur aux hanches surtout à la manipulation forcée. Pour les adultes présentant des signes cliniques, on constate une boiterie postérieure, un lever douloureux, un report du poids corporel sur les membres antérieurs, une amyotrophie des muscles des cuisses et du bassin et une douleur très forte à la manipulation des hanches.

ARTICULATION NORMALE
Le bassin est formé de trois os soudés entre eux (pubis, ischium et ilium). Les " trous " formés par ces trois os se nomment les foramens obturés où passent entre autres les nerfs sciatiques. Sur les ischiums, on trouve une cavité recevant la tête fémorale, dite aussi acétabulum. Les fémurs sont composés d'une tête représentant les 2/3 d'un cercle, elle est normalement régulière. Cette tête se prolonge par le col du fémur. L'angle formé par le centre des têtes fémorales et les bords des acétabulums se nomme " l'angle de NORBERG-OLSO ". Il retranscrit le degré de congruence (ou d'emboîtement) de la tête fémorale avec l'acétabulum.

DIAGNOSTIC
Il est avant tout radiologique. Pour faire une bonne radiographie des hanches , le chien doit être anesthésié complètement afin d'obtenir une relaxation maximale/ Le chien et alors placé sur le dos, les hanches tirées complètement, les fémurs placés parallèlement entre eux et à l'axe longitudinal du chien, enfin, les rotules doivent être au zénith. Sur cette radiographie vont être étudiés : la forme de têtes fémorale, la forme des acétabulums, l'écart articulaire, la présence ou non d'arthrose et enfin l'angle de Norberg-Olson (N-O).

SELON LES LESIONS OBSERVEES, ON CLASSE LES DYSPLASIES EN DIFFERENTS STADES
Ci dessous, la grille de classification FCI (Protocole de Copenhague 18-19 mars 2006). Cette classification peut être utilisée chez tout chien agé de 1 an (race géantes à 18 mois) à 5 ans. Chez les chiens de plus de 5 ans la grille est utilisable, le lecteur pouvant moduler son appreciation en fonction des modification arthrosique secondaires liées à l'âge du sujet.

STADE hd/A : AUCUN SIGNE DE DYSPLASIE
- parfaite congruence/coaptation de la tête fémorale et de l'acétabulum
- interligne articulaire étroit et régulier
-rebord acétabulaire crânio-latéral bien délimité et légèrement "englobant"
-angle de Norberg-Olsson supérieur ou égal à 105

STADE hd/B : ETAT SENSIBLEMENT NORMAL
- très léger défaut de congruence/coaptation entre la tête fémorale et l'acétabulum
- angle de Norberg-Olson supérieur ou égal à 105
OU
- parfaite congruence/coaptation de la tête fémorale et de l'acétabulum
- angle de Norberg-Olson compris entre 100 et 105
- centre de la tête fémorale située médialement au rebord acétabulaire dorsal (ou sur ce dernier)

STADE hd/C : DYSPLASIE LEGERE
- congruence/coaptation imparfaite entre la tête fémorale et l'acétabulum
- angle de Norberg-Olson compris entre 100 et 105
- éventuellement rebord acétabulaire crânio-latéral légèrement évasé
- et/ ou très discrets signes d'arthrose sur la tête et le col fémoral

STADE hd/D : DYSPLASIE MOYENNE
- mauvaise congruence/coaptation entre la tête fémorale et l'acétabulum avec sub-luxation
- angle de Norberg-Olson compris entre 90 et 100
- acétabulaire crânio-latéral légèrement évasé et/ou signes d'arthrose

STADE hd/E : DYSPLASIE SEVERE
- Sub-luxation ou luxation manifeste
- angle de Norberg-Olsson inférieur à 90
- éventuellement déformation de la tête fémorale et de lacétabulum (chapeau de gendarme, évasement) et autres signes d'arthrose

TRAITEMENT
Il est avant tout dicté par les signes cliniques et non par les signes radiologiques. En effet, certains chiens présentent de graves lésions d'arthrose à la radiographie sans pour autant présenter de douleur importante, de boiterie ou d'amyotrophie. A l'inverse, des chiens viennent en consultation pour une douleur sévère alors que les signes radiographiques ne sont pas spectaculaires. C'est pourquoi on ne traite que les chiens qui présentent des signes cliniques non tous les chiens dysplasiques.
Ce traitement consiste essentiellement à éliminer la douleur. Pour cela plusieurs techniques sont utilisables :
o Pour les vieux chiens, on pourra utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens associés à des protecteurs du cartilage articulaire. Les opérations seront réservées aux cas extrêmes car la récupération est toujours plus difficile sur des chiens dont la masse musculaire est diminuée.
o Pour les jeunes chiens, les interventions chirurgicales sont plus efficaces.

QUATRE TYPES D'INTERVENTIONS SONT REGULIEREMENT UTILISES.
La section des muscles pectinés (situés à l'intérieur de la cuisse) permet de soulager le chien mais de façon temporaire (six mois à deux ans ). Elle évite une opération plus lourde sur de très jeunes chiens.
La triple ostéomie du bassin (ou TOB) consiste à couper le bassin en trois endroits et à le faire pivoter de façons à remettre la tête fémorale dans l'acétabulum. Elle est plutôt réservée aux jeunes chiens présentant des signes cliniques sévères.
La prothèse de hanche est normalement indiquée pour les chiens de plus de 15 kg. Cependant, cette opération ne peut s'effectuer sur un chien de moins de 10 mois. Le coût élevé de cette opération limite son utilisation. L'exérèse tête-col consiste à couper la tête et le col du fémur. L'élimination de la douleur est alors immédiate et le fémur est maintenu en place par toutes les masses musculaires environnantes. Dans tous les cas, un traitement hygiénique doit être strict, l'animal ne doit pas prendre de poids (voire maigrir pour les chiens obèses), il doit garder une musculature correcte sur les postérieures afin de stabiliser l'articulation au maximum. La natation représente le meilleur exercice pour muscler les postérieurs sans surcharger l'articulation.

CAUSES
La dysplasie de hanche est souvent consécutive à une transmission génétique. Malheureusement, plusieurs gènes sont impliqués. C'est pourquoi il est difficile de prévoir dans une portée quel sera le nombre de chiots atteints et à quel stade. Il est certain que des partenaires dysplasiques auront plus de risques de donner des chiots dysplasiques, mais en associant deux partenaires indemnes, il n'est pas exclu d'obtenir des chiots dysplasiques.
Les facteurs génétiques ne sont pas les seuls à mettre en cause. Certains facteurs environnementaux peuvent aggraver le stade de la dysplasie ou être directement à l'origine de la dysplasie, ou au moins responsables de l'aggravation de la dysplasie. En effet, un régime hyper-calorique ( provoquant une obésité précoce), une sollicitation importante des articulations avant l'ossification complète des os ou encore une masse musculaire trop faible sont autant de facteurs qui mettent l'articulation coxo-fémorale à rude épreuve. Ainsi, les surfaces articulaires s'usent prématurément, les ligaments deviennent plus lâches et la tête fémorale a toutes les chances de sortir de l'acétabulum et de se recouvrir d'arthrose.

QUE FAIRE ?
Pour la reproduction
Il est clair que si les deux partenaires sont dysplasiques, il y aura de grandes chances pour que la descendance soit également dysplasique. C'est pourquoi il est préférable de faire reproduire uniquement les sujets sains, afin de limiter au maximum le nombre de chiens dysplasiques dans la descendance. Les gènes mis en cause dans la dysplasie n'étant pas connus, il est impossible de prévoir si tel ou tel accouplement sera meilleur qu'un autre.
Si le nombre de reproducteur sur le marché est important, seuls les individus de stade A sont acceptés pour la reproduction. Par contre, dans certaines races, les reproducteurs sont plus rares, les individus de stade B voire C sont alors autorisés à la reproduction (ce qui est le cas pour le Cane Corso).
Pour la mise au sport
Le problème est tout à fait différent. Nous avons vu que les signes cliniques prédominaient sur les signes radiologiques. Il en est de même pour les chien sportifs.
A l'heure actuelle , il est impossible de prévoir l'évolution d'un chien. Ainsi, un chien de stade B ou C sans signe de douleur peut tout à fait entamer une carrière sportive.
Cependant, des précautions seront à prendre : ne pas faire sauter le chien durant sa croissance, surveiller son alimentation pour ne pas qu'il prenne trop de poids et enfin lui muscler l'arrière-train. Malgré ces recommandations, certains chiens ne pourront pas mener de carrière sportive haut niveau, alors que d'autres suivront un cursus sportif complet sans dommage.
La dysplasie de la hanche n'est pas une pathologie bien cernée, beaucoup de facteurs entrent en jeu, certains contrôlables, d'autres non. Face à elle, chaque chien est unique. Si les signes cliniques sont bien définis, l'évolution de la maladie reste le point d'interrogation.


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